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Arènes sanglantes (Blood and Sand)
Réalisateur(s) : Rouben Mamoulian Pays : Espagne Référence : RPCA Visa 4394
Genre : Drame Année : 1941 Durée : 125 Support : DVD Scénario : Jo Swerling d'après le roman éponyme de Vicente Blasco Ibañez Acteurs : Tyrone Power, Linda Darnell, Rita Hayworth, Alla Nazimova), Anthony Quinn, J. Carrol Nais, John Carradine, Lynn Bari, Laird Cregar, Monty Banks), Vicente Gómez, George Reeves, Pedro de Cordoba, Fortunio Bonanova, Victor Kilian Musique : Alfred Newman Langue(s) : Anglais, Français Zone : 2
Formats audio/vidéo :
Format image 1.33 (4/3)
Droits disponibles : Prêt, consultation, projection
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Synopsis / Fiche Editeur :
(…) Version remaniée, sonore et colorisée d'un succès réalisé par Fred Niblo en 1921, et qui mettait en vedette l'impérissable Rudolph Valentino, Arènes Sanglantes n'est au départ tout au plus qu'une refonte destinée à moderniser le métrage initial en continuant d'imposer le charismatique Tyrone Power en successeur du mythique sex-symbol du cinéma muet.
Or, si la carrière de Power ne parviendra jamais à assumer complètement cette image du fait en partie de la volonté d'un acteur plus indépendant et cérébral que ce que les producteurs imaginaient (cf. certains autres de ses choix audacieux ) -, le film dépasse certainement très largement le cadre du divertissement familial et tragique auquel il était primitivement destiné.
De cette histoire somme toute classique autour de l'ascension et de la chute d'un jeune matador ambitieux et arrogant, Rouben Mamoulian accouche un récit flamboyant qui fait revivre toute l'énergie de la culture sévillane pour sublimer les figures imposées du mélodrame. Car, comme le rappelle Jean Douchet dans un documentaire accompagnant le film, Mamoulian a ce don de tirer le meilleur parti des conventions d'un genre pensé par les grands studios hollywoodiens.
Jamais avec Mamoulian un coucher de soleil ne peut se contenter d'être une vulgaire carte postale visant à orienter une émotion, il est toujours pensé comme une savante composition d'éclairages destinée à enrichir l'action du récit et les sentiments des personnages. Ainsi énoncée, une telle construction peut paraître banale, mais la plupart des plans et séquences provenant d'une convention sont cependant bien éloignés d'une telle méticulosité et d'une telle vigueur.
Epousant nettement le cadre de son sujet, Mamoulian fait de l'histoire de ce toréador vaniteux une véritable corrida, au sens où la gestuelle circulaire qui rythme le combat avec le taureau dans l'arène semble être la figure reproduite à l'infini pour décrire les circonvolutions de la vie de ce héros tourmenté. La caméra est ici le véritable moteur de la narration, et elle colle littéralement aux éléments internes et externes au récit pour faire ressurgir les sentiments profonds et violents qui animent les personnages.
A ce titre, la galerie de portraits qui émaillent le parcours de Juan Gallardo apparaissent comme des sublimations des caractères propres au mélodrame. De la mère angoissée et digne, incarnée par la grande vedette du muet Nazimova, jusqu'au critique détestablement onctueux interprété par Laird Cregar (acteur inoubliable de quelques films seulement, mort à 28 ans à l'amorce de sa carrière et auquel il faudra bien un jour porté tout l'intérêt qu'il mérite), chacune des figures qui traversent le film semble être comme transcendée et constitue un stéréotype parfait du mélodrame.
Rouben Mamoulian a signé une majorité des plans d'Arènes Sanglantes en pensant aux compositions du Gréco ou de Vélasquez. L'auteur, qui affirmait que « la couleur devait être utilisée comme une émotion » et considérait que la signification d'un film devait provenir de ses éléments graphiques, a réalisé peu de films dans sa carrière, moins d'une vingtaine. Il semblerait que ses exigences et ambitions artistiques aient été à l'origine de nombreux conflits avec les producteurs. Il n'empêche qu'il a pu mener ce film-ci où bon lui semblait, pour laisser au final une oeuvre à la fois baroque et limpide, qui assume pleinement les outrances d'une histoire effrontément romanesque pour mieux faire éclater la générosité du ressenti émotionnel et viscéral. Un éclatement des sens flamboyant qui possède la force d'un cinéma « plein », d'un cinéma envisagé comme « art total ».
Laurent CUILLIER. CDRP de Haute Normandie
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Complément :
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